24.06.2009

Intervention de Dominique Plancke, séance commune CESR et CR du 24 juin 09

Réunir les conditions d’une offre logistique régionale

attractive pour la mise en œuvre du Canal

Seine Nord Europe

 

 

 

Madame la Vice Présidente, Messieurs les Présidents, Monsieur le Préfet, Mesdames et Messieurs, je n’aurai pas la prétention, contrairement à ce qui est indiqué dans l’ordre du jour, de donner la position de la commission transports du conseil régional. Celle ci est multiple politiquement et les différents groupes auront l’occasion de s’exprimer au cours de ces deux jours.

 

Je donnerai donc un point de vue plus personnel, tout en rappelant que les projets évoqués aujourd’hui et demain étaient déjà dans le schéma régional des transports adoptés par notre assemblée en novembre 2006.

Nous avons examiné ce matin différentes pièces de notre puzzle logistique régional, je voudrais rappeler l’évolution, pour ne pas dire la révolution des objectifs auquel il doit répondre pour fabriquer la société durable qui s’annonce, avant d’ajouter quelques nouvelles pièces et de proposer un pilotage à la fois plus large et plus fin pour répondre à ces objectifs.

 

A la première question, « à quoi doit servir notre système logistique ? », je réponds :

 

Ne nous trompons pas de cible, les transports ne doivent plus être les indicateurs du développement économique non durable, mais au contraire les ferments d’une nouvelle organisation industrielle et logistique, au service d’une production calibrée, d’échanges optimisés, dans le respect des objectifs de maîtrise des émissions de gaz à effet de serre. Dans cette vision, la santé économique symbolisée par les transports de marchandises et des personnes laisse aussi place à l’économie de la connaissance et à la dématérialisation. Dans cette vision, des objectifs d’emplois de toutes qualifications et des objectifs de formation doivent être partagés avec les partenaires sociaux.

 

Nous nous situons donc d’abord dans le champ des enjeux climatiques et dans la perspective de la conférence de Copenhague prévue en décembre où les taux de diminution émissions de gaz à effet de serre seront fixés entre -20 à -40% pour la période de 1990 à 2020.

 

Nous considérons aussi que les projets d’infrastructures doivent améliorer ou restaurer la biodiversité, en d’autres termes, que le génie civil ou mécanique se doublera du génie écologique. Et j’y reviendrai mais j’en dis un mot tout de suite, ces objectifs de résultats doivent être évalués par des indicateurs de résultats, il ne s’agit plus d’objectifs de moyens. Pour illustrer ce propos sur les objectifs climatiques, une voiture propre n’est pas un résultat, c’est un moyen. Mille voitures propres qui transportent mille personnes, cela reste moins efficace que cinq cents modèles plus anciens en covoiturage.

 

Première question, à quoi doit servir notre système logistique ? A engager une nouvelle organisation industrielle qui réponde aux enjeux climatiques. Deuxième question, que mettre en œuvre ? Je vous propose cinq réponses :

 

- Une, la logistique endogène, c'est à dire la logistique des échanges régionaux, doit être explorée à fond, pour privilégier la courte distance.

- Deux, il faut vider les autoroutes des trafics à longue distance, c’est l’objet de nos plates-formes, Lille, Valenciennes, Dourges, je ne rentrerai pas dans le débat, et demain Marquion, mais je veux réinvoquer les projets d’autoroutes de la mer et que nous ayons des perspectives claires sur ce dossier à partir des trois ports de notre façade maritime. Comme cela a été dit avant moi, il faut jouer la complémentarité, pas la dispersion.

- Trois, je reviens sur la régulation du trafic autoroutier, qu’elle soit réglementaire, sur les vitesses par exemple et/ou tarifaire. Nous l’avons écrit dans le schéma des transports il y a deux ans, devons nous encore attendre l’Etat pour avancer ? Mieux exploiter les autoroutes, c’est aussi éviter la saturation et mieux desservir les plates-formes. Cette régulation est un signal sur l’intermodalité, c’est aussi un moyen d’action.

- Quatre enfin, mieux remplir le TER, c’est aussi vider les autoroutes, je le répéterai une nouvelle fois à l’envi, leur saturation est due aux voitures individuelles, pas aux poids lourds.

 

Ces quatre réponses concernent l’objectif de performance logistique allié à celui de réponse au défi climatique, la cinquième répond à celui de restauration de la biodiversité : nous proposons que pour chaque projet d’infrastructure, le maître d’ouvrage, c'est à dire VNF pour Seine Nord Europe, le Conseil Régional pour le débat public sur la pertinence de Calais 2015, le maître d’ouvrage donc institue un lieu de concertation et de collaboration pour définir, réaliser, évaluer et suivre les mesures de génie écologique pour la biodiversité

 

 

Quels objectifs, quels moyens pour réunir les conditions d’une offre logistique régionale attractive? Troisième et dernière question, avec quelle méthode, avec quels acteurs ?

 

Dans ma proposition précédente, je suggérais une « maison du canal » pour Seine Nord, elle accueillerait chasseurs, pêcheurs, naturalistes, scientifiques et aménageurs. Une telle initiative a été prise en Haute Normandie pour accompagner les travaux du Port du Havre. Il faut nous inspirer de cet exemple.

 

J’insiste sur l’étude lancée par le Conseil Régional en janvier, qui doit contribuer à, je cite, « l’élaboration d’une vision de la logistique en Nord - Pas de Calais ». Cette étude vise à mobiliser l’ensemble de nos compétences régionales concernées, les transports, la formation, l’aménagement du territoire et l’économie. Après la phase du diagnostic, je vous assure, et je reprends ma casquette de Président de la Commission,  de la volonté de la commission transports de contribuer à l’élaboration des scénarios. J’y ajoute la nécessité d’une nouvelle consultation du CESR, qui permettra d’actualiser l’avis très intéressant élaboré par cette assemblée en 2007, rappelé en début de séance, et dont j’avais notamment retenu la référence essentielle au contxete belgo-néerlandais et nous proposons que la Commission Transports du Conseil Régional auditionne également des opérateurs logistiques et des compagnies de transport. Dans le nouveau contexte économique, les nouveaux concepts cristalliseront avec les acteurs.

 

Enfin, je reviens sur la démarche d’évaluation, de validation et de promotion des résultats de notre offre logistique au regard des enjeux climatiques : c’est la condition de sa pérennité. Il ne s’agit plus seulement aujourd'hui de transporter des marchandises de façon fiable et économique, il est impératif de garantir l’efficacité énergétique des chaînes logistiques. Monsieur Joignaux l’a rappelé tout à l’heure, nous avons un pôle d’excellence logistique, en lien avec le pôle de compétitivité I-Trans, il pourrait initier ou piloter la recherche sur l’efficacité énergétique des chaînes et des systèmes logistiques et celle sur la promotion des comportements et des chaînes de déplacement et de transport durables.

 

Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre attention.

23.11.2008

Présentation de Dominique Plancke

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Dominique PLANCKE est président de la commission transports et infrastructures au Conseil régional. Il s’agit de son 2ème mandat au sein du Conseil régional. Il est également président du groupe des élus Verts de la mairie de Lille où il est chargé du patrimoine, des archives et de l'archéologie. Il est président du Conseil de quartier Saint Maurice Pellevoisin. Il est conseiller communautaire. Dominique Plancke est adhérent Vert depuis 1984. Même si beaucoup de ses engagements actuels sont liés aux Verts, il a gardé quelques activités au Larzac et il est adhérent à Lille d’une dizaine d’associations fort variées.